Le caméléon, du même Kourkov, aux éditions Liana Lévi
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Amour sans frontières Pourquoi ai-je attendu autant avant de découvrir Kourkov ? Cet auteur russe vivant en Ukraine a apparemment le vent en poupe ces derniers temps, et c’est mille fois justifié.
En effet, voilà un roman d’aventure, un vrai, un roman intelligent qui nous balade à travers les décombres de l’URSS.
Le narrateur, Kolya, est un russe qui vit à Kiev (comme Kourkov). Il lui advient tout un tas d’aventures après que dans son nouvel appartement, il ait découvert une édition annotée d’un livre de Chevtchenko, poète national ukrainien. Allant de découverte en découverte, il finit par s’attirer des ennuis et quitte précipitamment Kiev pour le Kazakhstan via Astrakhan. Là, dans le désert kazakh, il marche vers Fort Chevtchenko où le poète aurait enterré un trésor.
Son chemin croisera celui de nationalistes ukrainiens, des services secrets de l’ex-KGB, et surtout, d’une femme nomade, Goulia, une taiseuse au cœur pur, ainsi que d’un caméléon, symbole de chance pour les kazakhs.
Le trésor, quel est-il ? Du sable contenant le "génie national ukrainien", vague parfum de cannelle qui rend les gens meilleurs, quelques lettres de Chevtchenko, et surtout pour Kolya, l’amour d’une femme, un amour qui fait fi des frontières et des nationalismes de tout poil.
Une belle aventure, un roman presque picaresque, riche en rebondissement, doublé d’une réflexion sur les nationalismes dans l’ex-URSS. Passionnant de bout en bout, ce livre m’a rappelé les œuvres de Perez-Reverte, tant la parenté entre ces deux auteurs, pourtant de cultures très différentes, semble évidente, même si un certain humour désespéré existe chez le Russe qui est absent chez l’Espagnol. Bref, un grand auteur s’est levé à l’est, et la littérature russe semble plus vigoureuse aujourd’hui que jamais."