Le Struthof
"Autour, devant nos yeux, se dresse la montagne vosgienne, perpétuelle, témoin silencieux, depuis des mois forteresse de notre anéantissement. La montagne se dresse aussi dans nos oreilles, avec l’aboiement des chiens des S.S. Toutes les nuits. Et en bas, la vallée, profondément encaissée, n’est qu’un abîme." (p.99)
La conspiration à deux
"[…] au fond, permettre l’échange d’expériences sur la vie, dialoguer à propos de nos souhaits et de nos échecs n’est-il pas le sens de la conspiration à deux ?
N’est-il pas le fondement de l’entente du couple qui a décidé de vivre ensemble ?" (p.168)
Idées putrides
"Malheureusement, pour toute réponse tu n’as eu que des phrases monstrueuses, celle-ci par exemple, qui devait, selon ta logique, démontrer de quel côté se trouvait l’erreur : "Si les Allemands vous ont envoyés dans des camps cela signifie que vous leur avez résisté. Pourquoi t’es-tu battu contre eux si tu ne voulais pas aller en prison ou aux travaux forcés ?" (p.173)
"Des juristes. Pourquoi, au lieu de parler de droit, ne parlons-nous pas du cœur asphyxié d’une petite fille, de son âme paralysée à laquelle il serait vain de montrer les épais albums de squelettes et vain d’emmener en pèlerinage dans les antres orgiaques de l’extermination ?" (p.173-174)
Dante
"Si la langue maternelle est vilaine en quelque chose, elle l’est seulement dans la bouche prostituée des traîtres qui la trouvent vilaine !, j’ai dit à haute voix." (p.238)