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 La Muraille de Chine > Kaïko

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Ujisato
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MessageSujet: La Muraille de Chine > Kaïko   Dim 7 Aoû à 20:13

Une nouvelle à découvrir Very Happy



La Muraille de Chine
Mur des lamentations

Kaikô Takeshi


« Reposons nos briques et partons vers le désert. » C’est par cette invite, laconique et désabusée, à l’abandon de la matière qui écrase, domine et broie l’humain que s’achève la nouvelle de Kaiko Takeshi. Sur une centaine de pages court l’ombre millénaire du plus grand édifice jamais construit de main d’homme, mais au prix de combien de sacrifices et de souffrances : La Grande Muraille de Chine. A travers les yeux anonymes cernés de boue, de crasse et de désespoir de l’un de ces milliers de forçats, le lecteur assiste à l’édification d’un Empire autoritaire et voué à l’éternité, cherchant aveuglément l’immortalité dans un monument de l’absurde et de la démesure, sous le regard glacé d’un tyran précurseur du plus effroyable des systèmes totalitaires. Derrière cette gigantesque pieuvre rayonnant de ses tentacules en forme de routes pavées, crachant l’encre de Chine des édits équanimes et des condamnations à mort capricieuses, Kaiko dessine la fragile silhouette d’un Premier Empereur, plus proche du personnage de la fresque de Chen Kaige* que de la figure mythique du Hero de Yimou. Un homme ayant réussi ce que nul n’aurait même imaginé avant lui : l’unification des nations belliqueuses peuplant les plaines de Loess, les Royaumes Combattants de Sun Tsu, qui se livraient une guerre sans merci depuis des siècles. Et c’est aussi du prix de la paix qu’il s’agit ici, de ce qu’il en coûte de courage, de folie et d’intransigeance pour parvenir à un tel but.
Dans ce texte étonnant, plein des odeurs répugnantes de ces esclaves retournant à la sauvagerie à laquelle la prospérité devait les arracher, on retrouve les accents d’un Kafka se révoltant contre une implacable machine bureaucratique civile et militaire, qui finit par dominer ses maîtres humains, du faîte des palais jusqu’aux pieds nus des porteurs de briques, et ce n’est pas un hasard si La Muraille de Chine lui est dédiée. Et de l’autre côté de cet horizon surélevé, les barbares des steppes qui bien des années plus tard balayeront ce rempart qui tenait plutôt lieu de cage. Une œuvre brève, modeste, mais résolument forte et moderne, s’il est vrai que ce sont les hommes qui changent et non leurs craintes.

Uji

(Lien vers le site >> http://www.clan-takeda.com/histoire_civilisation/La%20Muraille%20de%20Chine.htm)
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