Lettres migrabondes

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 Julien Gracq (1910-)

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Alfred
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MessageSujet: Julien Gracq (1910-)   Ven 11 Fév à 19:51

Le plus grand écrivain français encore en vie, n'ayons pas peur des mots.



Très grand monsieur.
Une petite biographie très prochainement.


Dernière édition par le Jeu 2 Juin à 14:37, édité 1 fois
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Alfred
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Ven 11 Fév à 19:56

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Alfred
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Ven 11 Fév à 19:57

Entretiens (aux éditions Corti, comme l'ensemble de son oeuvre)


"Lumineux!
En lisant ces entretiens, un mot m'est venu à l'esprit : lumineux. Julien Gracq est sans doute le plus grand auteur français contemporain (je ne pense guère être contredit). Il tranche par rapport à ses pairs, ne serait-ce que par sa discrétion : aucune apparition télévisée, peu d'entretiens, refus des honneurs où se complaisent tant d'autres... Rien que par cela, Julien Gracq est à part. Mais la vie serait bien triste si c'était là sa seule originalité : son oeuvre aussi est à part. Quelques rares romans, qui sont autant de purs joyaux. Sa discrétion (que certains prirent pour de l'arrogance), son oeuvre, ses rencontres (Breton surtout), ses passions, sa formation de géographe, tout ce qui contribue à faire de Gracq l'exception de notre littérature, est là, dans ces entretiens qui s'échelonnent sur 30 ans. Un carton rouge toutefois à Jean Carrière, qui, au long de son entrevue, parle presque plus que Gracq, et nous livre des réflexions pas toujours pertinentes. C'est le seul bémol.
L'ermite de St-Florent-le-Vieil, à travers ces entrevues, nous rappelle encore une fois la moralité que professe toute sa vie : L'Oeuvre est plus importante que l'Auteur. Belle leçon pour notre époque !"
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Alfred
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MessageSujet: Extrait des entretiens   Ven 11 Fév à 19:59

"J’écris de manière trop intermittente pour avoir une seule méthode de travail : il m’est arrivé plus d’une fois de passer une année et davantage sans m’y remettre. Quand j’écris, je ne travaille pas avec régularité – pas d’heures fixes –, j’évite seulement le travail d’après dîner, qui entraîne immanquablement l’insomnie : je mets beaucoup de temps à me débarrasser l’esprit de mon écriture du jour. J’essaie simplement, si j’écris un récit ou un roman, de ne pas trop espacer les jours de travail, espacement qui rend plus difficile de reprendre le récit dans le ton exact où je l’ai laissé. Pratiquement, jamais plus de deux heures de travail dans une journée ; au-delà, j’ai besoin de sortir, d’aller me promener. Si j’écris un texte court, dont l’écriture demande à être très surveillée, la marche sert d’ailleurs souvent à la mise au point presque mécanique d’une phrase qui ne m’a pas laissé satisfait : elle produit l’effet d’une espèce de blutage. La phrase qui reste dans mon souvenir à la fin de la promenade – tournée et retournée le long du chemin – s’est débarrassée souvent de son poids mort. En la comparant au retour avec celle que j’ai laissée écrite, je m’aperçois quelquefois qu’il s’est produit des élisions heureuses, un tassement, une sorte de nettoyage.
J’ai plutôt des habitudes et quelques exigences matérielles. Je n’écris pas dans le bruit, dans les lieux agités et remuants, jamais dehors. Pas d’allées et venues ; une pièce close et tranquille, la solitude ; j’écrirais difficilement ailleurs que devant une fenêtre, de préférence à la campagne, avec une vue étendue devant moi, un lointain."
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dehard
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Sam 12 Fév à 15:19

Puis-je mettre ce petit lien sur cet auteur excellent c'est vrai...??? ah la rencontre du héros et de celle qu'il aime dans le "Rivage des Syrtes"...

http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/gracq.html
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Alfred
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Sam 12 Fév à 16:28

dehard a écrit:
Puis-je mettre ce petit lien sur cet auteur excellent c'est vrai...??? ah la rencontre du héros et de celle qu'il aime dans le "Rivage des Syrtes"...

http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/gracq.html

Oui, très bien. Tu as eu raison de le faire.

Le Rivage des Syrtes est un chef-d'oeuvre, dont j'ai toujours trouvé une parenté avec deux autres ouvrages majeurs et uniques pourtant: Sur les falaises de marbre, de Jünger, et Le désert des Tartares, de Buzzati.
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dehard
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Sam 12 Fév à 18:51

Junger, je n'ai pas lu... et Buzzati ???? Heum... une version noire du Rivage alors...
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Alfred
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Jeu 2 Juin à 14:39

dehard a écrit:
Junger, je n'ai pas lu... et Buzzati ???? Heum... une version noire du Rivage alors...

Hum... Je trouve une parenté évidente entre ces trois ouvrages....

Un héros pur, une menace vague et lointaine, et une fin sans espoir, qui se finit par une guerre....
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Chauve-souris
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Ven 1 Juil à 12:41

Oh génial !! j'adore cet auteur !! Like a Star @ heaven
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Chauve-souris
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Ven 1 Juil à 12:43

J'ai dévoré Au château d'argol et Un balcon en forêt
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rotko
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MessageSujet: Re: Julien Gracq (1910-)   Mer 14 Fév à 22:22

Alfred a écrit:
dehard a écrit:
Junger, je n'ai pas lu... et Buzzati ???? Heum... une version noire du Rivage alors...

Hum... Je trouve une parenté évidente entre ces trois ouvrages....

je doute un peu de la parenté entre junger et gracq car l'attitude de gracq n'est pas favorable à la guerre, contrairement aux premiers écrits de Junger, Lieutenant Sturm chez Viviane Hamy.
voici un bel épisode d'un balcon en forêt où Grange fait de la luge :

Citation :
Tout s’engouffrait au fond des yeux de Grange dans le sillage d’un vent de foudre qui lui mordait les oreilles et semblait purger la terre de sa puanteur ; il lui semblait les seins de Mona allongée tout contre son dos, puis se délester à chaque cahot d e la luge : elle collait à ses épaules, légère et lourde, comme ces enfants-fées qu’on charge dans le gué et dont le fardeau tout à coup plombe les jambes, et quelquefois le jeu devenait plus étrange : il sentait la bouche de Mona se refermer sur sa nuque ses dents fraîches, et les mains glisser le long de ses bras jusqu’à ses poignets qui manoeuvraient l’avant-train. La luge les culbutait contre une falaise molle que le ruisseau affouillait au fond du ravin ; roulés dans la neige, avec des rires énervés, ils luttaient collés l’un à l’autre, des mains et des genoux, et très vite, de nouveau il sentait les dents de Mona qui cherchaient sa nuque : une mollesse brusque l’ comme un chat qu’on enlève de terre par la peau du cou - la neige qui glissait au creux de ses épaules et le long de ses bras, devenait une brûlure douce.
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