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 Elsa Morante (1912-1985)

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Alfred
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Nombre de messages : 306
Date d'inscription : 04/02/2005

MessageSujet: Elsa Morante (1912-1985)   Lun 16 Mai à 16:01

La storia, de Elsa Morante



"Une fois passé une sorte d’avant-propos qui semble placé là pour faire peur, tant il est parfaitement gerbant d’orthodoxie communiste. On se dit que même Aragon dans ses pires moments n’aurait pas l’écrire, mais passons. Si l’on a pas trop peur, et que l’on passe ce cap inopportun pour pénétrer dans le récit, notre peine est largement payée !
Car quel tourbillon ! Quels mots ! Quelle force !
Voici sans doute, avec peut-être quelques romans sud-américains, l’un des livres les plus denses et les plus baroques que j’ai lu. Quoique baroque ne soit peut-être pas le mot. La folie n’est pas un thème amusant chez Morante, c’est un thème vu au travers d’une vitre.
Tout ce roman est vu par la vitre déformante de l’enfance ou de ce qui y ressemble : enfance réelle, animaux, adultes clairement inadaptés ou simplets.
L’enfance est présente à chaque page, sous les formes les plus diverses, et chacun de ses personnages est brisé par la vie adulte ou ne parvient pas à s’y faire, et ne cherche qu’à retrouver les sensations, les émotions, les joies et les enthousiasmes enfantins.
L’histoire ? Elle est simple : Ida, jeune veuve, est violée par un soldat allemand. Un enfant naît, sorte d’avorton souffreteux mais enjoué. Et, durant la période de guerre et d’après-guerre immédiate, on suit leur vie difficile, leurs amis, leurs rencontres et leurs souffrances, mais toujours avec une sorte de voile pudique.
La mère, Ida, est une sorte de pauvre femme qui subit sa vie malheureuse, et regrette son enfance lointaine. Le petit Useppe n’est qu’un enfant, avec ses émotions d’enfant, que chacun de nous peut en partie y retrouver. Son grand frère Nino est une sorte de jeune voyou, flambeur et coureur, qui brûle sa vie par tous les côtés, sans se soucier de rien ni personne, sauf de son « fratellino » adoré. D’autres personnages, le chien ou un ami drogué, ne sont que d’autres personnes non adultes. Et toute l’histoire n’est qu’une vaste réflexion autour de cette question : comment retrouver ou ne perdre jamais la magie et l’insouciance de l’enfance ?
Le tout est magnifique, bien tourné, sans longueurs, tout en petites touches impressionnistes.
Alors non, Elsa Morante n’était pas que l’épouse du grand Moravia. Elle était aussi l’une des romancières parmi les plus singulières et les plus douées de son temps."

Citation :
Bouc émissaire ?
« […] comme le choix aberrant d’une créature isolée pour rassembler sur elle la tragédie collective. »
p.44
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Elsa Morante (1912-1985)
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